Actualités de l'élevage

Eleveur, ce n’est pas un gros mot !

Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir les réseaux sociaux pour ressentir une forme de violence sourde.

Des phrases toutes faites, des jugements expéditifs, des mots durs lancés sans connaître, sans voir, sans comprendre.

“Les éleveurs sont tous des marchands.”

“L’élevage, c’est du business sur le dos des animaux.”

Et à force de lire ça… ça fait mal.

Parce que ce n’est pas vrai. Pas pour tous. Et sûrement pas pour ceux qui vivent cette passion au quotidien.

Élever, ce n’est pas exploiter. C’est aimer. Profondément.

Un éleveur passionné ne compte pas ses heures.

Il ne compte pas non plus ses nuits écourtées, ses inquiétudes, ses larmes parfois.

Il connaît chaque chien par cœur.

Il sait qui est anxieux, qui est joyeux, qui a besoin d’un peu plus de temps, de douceur, de présence.

Élever, c’est rester éveillé à côté d’une chienne qui met bas, le cœur serré, trembler devant un chiot fragile, espérer, se battre, beaucoup, souvent et ressentir une joie immense quand tout va bien.

Oui, il existe des marchands. Mais ils ne nous ressemblent pas.

Personne ne nie qu’il existe des dérives.

Des lieux où les chiens ne sont que des numéros, des portées à la chaîne, des profits avant la vie.

Mais mettre ces gens-là et les éleveurs passionnés dans le même panier, c’est une injustice immense. Derrière chaque chiot bien dans ses pattes, il y a un éleveur qui s’est battu.

Un chiot équilibré, confiant, bien socialisé, ça ne tombe pas du ciel.

Il y a derrière des semaines de présence constante, des stimulations, de la patience, de l’amour et une responsabilité immense.

Et pourtant on nous assimile à des proxenetes, des monstres avides d’argent… puisque … “De toute façon, l’élevage, c’est mal.”

Comme si tout ce travail, tout cet engagement, ne valait rien.

Les mots blessent. Et certains éleveurs passions finissent par abandonner. Ils abandonnent, à force d’être montrés du doigt, à force de ne pas trouver LA bonne famille pour leur chiot, à force de nuits blanches à douter, d’une législation de plus en plus drastique et aberrante.

Ils abandonnent, à force d’être montrés du doigt, pas parce qu’ils n’aiment plus leurs chiens. Mais parce qu’ils n’ont plus la force de se justifier, de se défendre, de se faire insulter.

Et pendant ce temps-là, ceux qui ne se posent aucune question continuent. C’est une réalité qu’on refuse de regarder.

Aimer les chiens, c’est aussi apprendre à faire la différence

On peut défendre l’adoption.

On peut lutter contre la maltraitance.

On peut vouloir un monde meilleur pour les animaux.

Mais on peut aussi reconnaître que tous les éleveurs ne se ressemblent pas, que certains se battent chaque jour pour faire les choses bien et que sans eux, certaines races équilibrées et en bonne santé n’existeraient plus.

Éleveur, ce n’est pas un gros mot. C’est une responsabilité. Une passion. Un engagement.

Ceux qui élèvent avec le cœur ne demandent pas des applaudissements.

Ils demandent juste qu’on arrête de les condamner sans les connaître.

Parce qu’au fond, ils veulent la même chose que tout le monde :

des chiens heureux, aimés, respectés.

Et ça, ça mérite au moins une chose :

de la nuance. Et un peu d’humanité.

Stéphanie
Elevage Les Terrasses du Larzac